Le citoyen croit, à tort, que l’histoire c’est l’affaire des grands, des élites de notre société qu’elles soient politiques, artistiques, financières ou même religieuses.
Pourtant, la petite histoire, celle qui nourrit la grande, c’est celle de ce citoyen qui, assis sur le passé, tisse jour après jour, le présent. Il n’est pas conscient et c’est normal, que certains de ses gestes constitueront pour demain, les faits historiques de sa collectivité, de sa région et de son pays.
On dit qu’un peuple sans histoire n’est tout simplement pas un peuple.
Aussi, les anciens, ses ancêtres, bien qu’ils n’aient fait rien de bien différent, ont eu le souci de la suite du monde, de telle sorte que leurs faits et gestes sont pour
le citoyen d’aujourd’hui, les composantes de son histoire. C’est donc dire que si cette histoire existe, il est important qu’elle soit connue.
L’État bien sûr, mais pas aussi largement que souhaité fait sa part. Notamment, il a interpellé les municipalités à protéger leur héritage patrimonial respectif. Celles-ci ont, par exemple, l’obligation d’inventorier leur patrimoine bâti et de veiller à le protéger. Mais la sauvegarde de notre patrimoine collectif repose bien davantage sur les citoyens avertis et impliqués.
Parmi eux, certains ont fondé des sociétés d’histoire qui ont pour mission de recueillir les éléments matériels et immatériels significatifs de l’histoire de leur région respective et de les sauvegarder. Elles doivent de plus, rendre ce trésor du passé disponible et accessible à la communauté.
Inutile? Peine perdue?
Un sondage récent est venu confirmer ce que bien des enseignants avaient constaté : les jeunes d’aujourd’hui sont étonnamment curieux de connaître leur histoire, celle de leur pays.
C’est non seulement intéressant, c’est stimulant. Stimulant pour ce citoyen qui n’est, au fonds, que chacun d’entre nous, à s’impliquer personnellement et à contribuer localement à la sauvegarde de notre petite et grande histoire.
Je prends pour exemple ces photos jaunies et ce vieux film d’une activité communautaire trainant au fond du terroir de la vieille commode au grenier, il ne faut pas que leur destination soit la poubelle, ils peuvent afficher des lieux ou des bâtiments significatifs aujourd’hui disparus. Votre société d’histoire sera heureuse de vérifier leur valeur historique.
Bref, créons un merveilleux va-et-vient entre les citoyens curieux de leur histoire, ceux qui peuvent enrichir le patrimoine ancien collectif et les sociétés d’Histoire.
Jean Lambert
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