
Adieu Gilles

Laurentides en Histoires
Mémoires d'ici
Laurentides en Histoires
Mémoires d'ici

Jean Lambert, Notaire-à-la-retraite
L’histoire c’est comme l’eau qui coule. Cette eau qui s’écoule prend naissance à la tête des ruisseaux, s’engouffre dans les rivières puis s’élance dans les fleuves pour enfin s’épanouir dans les mers. L’eau qui coule ignore les frontières et les divisions administratives. Pour la protéger, les environnementalistes doivent embrasser l’ensemble d’un bassin versant.
M’est avis que pour comprendre l’histoire d’un aussi vaste territoire que celui de la région des Laurentides et de la mettre en valeur, l’eau qui s’écoule est le modèle à suivre.
D’ailleurs, n’est-ce pas l’eau qui amena à Terrebonne la création de la première seigneurie au nord de Montréal? Encore l’eau à Sainte-Thérèse et Saint-Eustache avec la rivière des Milles-Iles et le lac des Deux Montagnes, Argenteuil et la petite patrie avec la rivière des Outawais, Saint-Jérôme et Sainte-Agathe avec la Rivière du Nord et plus au nord, l’Annonciation avec la Rouge et le lac Nomininque?
Notre histoire tout comme l’eau de cet immense bassin hydrique n’a pas connu de frontières ni de divisions administratives ET NE DOIT PAS EN CONNAÎTRE non plus.
Simple question : peut-on scinder les évènements patriotiques et les dissocier parce que certains sont survenus à Saint-Benoît –Saint-Scholastique maintenant Mirabel, de ceux survenus à Saint-Eustache, autre division administrative?
Et n’est-ce pas curieux, pour dire le moins, que le nom de T
errebonne soit celui donné à la vaste division judiciaire des Basses-Laurentides et, jusqu’à récemment, celui de sa division cadastrale alors qu’administrativement, le politique a exclue l’agglomération de Terrebonne de la région des Laurentides. Rappelons-le : Terrebonne a constitué le port d’entrée de la colonisation des Laurentides.
Je dois rendre hommage à Gilles Bouvrette qui, au cours de ses inlassables travaux de recherche effectués pendant plus de 10 ans pour la réalisation de la Web série sur l’histoire des Laurentides, m’a fait comprendre combien la fragmentation du territoire historique causée par les structures municipales issues de la réforme de 1977 et par l’expropriation de Mirabel, est source d’ignorance ou de méconnaissance de notre histoire.
Diviser pour anéantir ai-je le goût de crier. Isolés à l’intérieur de leur structures municipales respectives, les quelques férus de la protection du patrimoine, ne sont pas entendus, jamais ou très rarement pris au sérieux. Leurs actions admirables …ne portent pas. Malheureusement, leur ferveur s’effrite parfois… souvent !
Un exemple : La Maison
Abraham-Duboisà Boisbriand, une maison seigneuriale qui fut habitée un temps le maire Dubois de Sainte-Thérèse, est le seul bâtiment d’époque au seuil des Laurentides qui soit d’une grande valeur historique pour toute la région. Eh bien son avenir ne dépend uniquement que du pouvoir décisionnel des élus de la ville de Boisbriand.
Autre exemple : Bientôt peut-être, les vestiges de la toute première chapelle du village qui donna naissance à Saint-Jérôme, seront recouverts par le bitume d’un grand concessionnaire automobile. Pourquoi? Parce que la ville de Saint-Jérôme n’y peut rien, ces vestiges sont maintenant situés dans les limites de cette ville de Mirabel, issue du merveilleux gâchis d’un sensationnel aéroport qui n’aura jamais existé.
Que conclure d’autre qu’il faille donner suite à l’invitation, que dis-je, à l’appel de Laurentides en histoire à unir toutes les forces soucieuses de protéger le patrimoine bâti et archivistique de la vaste région des Laurentides et de le mettre en valeur pour nous-mêmes et nos descendants.
Il s’agit du devoir actif de mémoire.

Cette semaine, deux appels à la sauvegarde de notre patrimoine ont accroché mon regard.
Le premier : Un appel d’un groupe de bénévoles de Sainte-Anne-des- Plaines, réunis sous le nom Histoire, Patrimoine, Toponymie, lançait sur Facebook l’appel suivant à tous les citoyens de cette localité : ‘’Aidez-nous à préserver notre patrimoine’’.
Le second : Dans le journal La Presse du 10 décembre dernier, la journaliste culturelle Émilie Côté consacrait un article sur la célébration des 150 ans du Théatre le National et duquel j’extrais ce qui suit : ‘’Encore aujourd’hui, les artisans des arts vivants pensent peu à ce qui pourrait devenir des archives, ne serait-ce qu’un texte annoté’’. Un constat qui étonne chez des acteurs de la scène culturelle qu’on s’attendrait à ce qu’ils soient sensibilisés à la préservation de tout ce qui entoure la création de leurs œuvres.