
Cette semaine, deux appels à la sauvegarde de notre patrimoine ont accroché mon regard.
Le premier : Un appel d’un groupe de bénévoles de Sainte-Anne-des- Plaines, réunis sous le nom Histoire, Patrimoine, Toponymie, lançait sur Facebook l’appel suivant à tous les citoyens de cette localité : ‘’Aidez-nous à préserver notre patrimoine’’.
Le second : Dans le journal La Presse du 10 décembre dernier, la journaliste culturelle Émilie Côté consacrait un article sur la célébration des 150 ans du Théatre le National et duquel j’extrais ce qui suit : ‘’Encore aujourd’hui, les artisans des arts vivants pensent peu à ce qui pourrait devenir des archives, ne serait-ce qu’un texte annoté’’. Un constat qui étonne chez des acteurs de la scène culturelle qu’on s’attendrait à ce qu’ils soient sensibilisés à la préservation de tout ce qui entoure la création de leurs œuvres.
Inutile d’écrire que Laurentides en histoire se reconnaît dans ces appels, en tout point identiques aux siens et dont on pouvait en lire un récent dans mon éditorial précédent.
Actuellement, nous assistons dans la région, au sud (Sainte-Thérèse) comme au nord (Labelle), à un assaut sans gêne sur notre patrimoine bâti. Ce sera le sujet de mon prochain éditorial.
Pour l’instant, concentrons-nous sur le patrimoine matériel et immatériel constitué d’objets utilitaires anciens, de vielles photos, de documents poussiéreux, d’anecdotes et de récits des anciens sur la colonisation, rapportés dans de vieux papiers de famille. Il ne suffit plus de les entasser dans des boîtes qui ne peuvent qu’être vulnérables au passage du temps et des intempéries.
IL FAUT NUMÉRISER !
Aussi, ici à Laurentides en histoire, nous saluons chaudement les bénévoles de Histoire, Patrimoine, Toponymie de Sainte-Anne-des-plaines qui ont eu l’idée géniale de compléter leur appel à la préservation du patrimoine par cette proposition irrésistible : ‘ Il nous fera plaisir de numériser vos photos anciennes à conserver et partager.’’ Incroyable! Ce groupe, démuni de ressources, a toute de même trouvé moyen de recourir à cet incontournable outil de préservation et surtout de l’offrir gratuitement.
Oui la numérisation est désormais le passage obligé qui non seulement est essentiel à la conservation MAIS surtout au partage de ce patrimoine. Bien que l’aspect conservation soit essentiel, la préservation n’a aucun sens si elle n’est pas vouée à l’accès du public et organisée efficacement à cette fin.
Nous savons qu’une masse importante d’archives conservées dans notre région, n’est tout simplement qu’un ‘’empilement’’ tout à fait inaccessible à qui veut consulter. Les sociétés d’histoire par exemple, qui disposent déjà d’un patrimoine hautement significatif, devraient d’urgence procéder à sa numérisation systématique et non aléatoire; c’est la priorité des priorités.
Et pourquoi ne pas collectiviser les moyens existant? Laurentides en Histoire peut servir de trait d’union entre ceux qui ont le besoin et ceux qui ont la ressource technique.
Gardons en tête que le patrimoine national du Québec, c’est d’abord l’addition de toutes ses composantes régionales, rien de moins!
Jean Lambert
Pour en savoir plus




