Est-il trop tôt pour se questionner sur les répercussions de la loi sur la protection du Patrimoine que le Québec a adopté le 1er avril 2021 ? Je vous invite à lire l'excellent article de Zacharie Goudreault Publié le 24 juil. 2023 Le Devoir qui nous livre ses reflexions sur le sujet. Le chemin de croix de la protection du Patrimoine
Ici dans les Laurentides, l’on constate les tiraillements entre les municipalités et les citoyens lors de la prise de décision pour la démolition d’immeubles ancestraux. Je parle ici de la gare patrimoniale de Mont-Laurier qui a failli être démolie à l’hiver 2024. La MRC d’Antoine-Labelle « avait privilégié la démolition de la Gare pour la construction d’un nouvel édifice. » La gare est la propriété de la MTQ. Et le dossier stagne depuis février 2024.
Il y a à la municipalité de Ferme-Neuve dont la maison patrimoniale et centenaire Joseph-Lafontaine a été cédé à l’organisme Maison Lyse-Beauchamp pour en faire des logements sociaux la sauvant ainsi de la démolition car la municipalité n’avait pas les moyens de l’entretenir.
La maison Joseph-Lafontaine est le deuxième bâtiment de Ferme-Neuve sous la tutelle de la maison Lyse-Beauchamp, avec l’hôtel Isaïe Godmer, qui est aussi un bâtiment patrimonial.
Au centre-ville de St-Jérôme, l’on a vu la démolition sauvage de l’édifice Taillon en janvier 2024. L'immeuble fédéral, à l’abandon depuis longtemps au coin des rues Saint-Georges et Labelle, fut au cœur d'un litige depuis plusieurs années avec le fédéral.
Et à l’automne 2024, la maison Rolland rasée par les flammes, la maison avait fait l’objet d’une demande de démolition par son propriétaire. La Ville s’était finalement engagée à trouver une solution pour la conserver et lui donner une nouvelle vocation, compte tenu de son intérêt patrimonial. Les discussions en ce sens n’ont toutefois jamais abouti et le bâtiment, littéralement laissé à lui-même, a continué de se détériorer. Il semblerait que ce soit un dossier d'incendie criminel.
Et maintenant en 2025, le sort du couvent de Labelle qui demeure le seul édifice patrimonial présent dans la municipalité en excluant la gare, le comité de démolition n’a pas obtenu un bilan de santé par une firme d’architectes spécialisée en bâti ancien, (malgré les protestions du Comité des citoyennes et citoyens de Labelle a rendu sa décision approuvant la demande de démolition après l’évaluation des coûts de remise aux normes, les risques financiers et la viabilité d’un projet de préservation le 14 novembre 2024 .
Les oppositions à la démolition de l’ancien couvent soutenu par l’Action Patrimoine et la Fédération Histoire Québec avec la bienveillance de quelques citoyens réussiront-ils à faire annuler cette décision?
Voilà où je m’interroge, les comités de démolition qui étudient les demandes, ont-ils vraiment l’heure juste avec l’opinion des experts qui ne sont pas nécessairement experts dans les édifices qu’ils étudient ?
Dans ce cas, on veut transformer l’édifice en CLSC moderne avec le confort de climatisation et ascenseur.
Transformer un bâtiment centenaire en édifice construit selon le Code de construction du Québec actuel tout en négligeant l’authenticité de construction de l’époque. Quel gâchis !
Je vous invite à auditionner l’excellent Balado du journaliste René Saint-Louis qui explique en 8 minutes, comment l’ancien couvent pourrait être protégé et pourquoi il ne l’est pas en ce moment. Efficace, la loi pour protéger le patrimoine?