Le gouvernement du Québec doit collaborer davantage avec les villes et les villages pour protéger le patrimoine bâti, croit la Fédération québécoise des municipalités (FQM).
Les municipalités ont besoin d'expertise pour la prise des décisions en ce domaine.
Qu’est-ce qu’un expert en gestion de patrimoine ?
La gestion de patrimoine est un domaine complexe qui nécessite des connaissances professionnelles pointues et multidisciplinaires.
L'expert en gestion de patrimoine joue un rôle crucial dans l’évaluation des bâtiments anciens. Les universités, particulièrement celles ayant des facultés d’aménagement, d’arts et de sciences humaines, offrent des programmes didactiques conduisant à une carrière axée sur la connaissance, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel.
De plus, l’Université Laval propose un baccalauréat intégré en sciences historiques et études patrimoniales et l’Université de Montréal, une maîtrise en conservation du patrimoine bâti. L’UQAM de son côté, offre une formation universitaire en patrimoine. L’Ordre des urbanistes du Québec et l’ordre des Architectes du Québec offrent aussi des formations pour leurs membres. Le CEGEP du Vieux Montréal offre aussi un programme de formation en Métiers d’art du patrimoine bâti qui est le fruit d’une collaboration avec le Conseil des métiers d’art du Québec. Cette formation en spécialisation, permet aux artisans et aux ouvriers de développer l’une expertise et le savoir-faire essentiel à l’intervention sur des éléments du patrimoine bâti québécois.
Si on se compare les pays européens au Québec quant au nombre d’institutions enseignant la gestion du patrimoine, ce dernier offre bien peu de ressources.
Pour bien éclairer les prises de décisions lors des demandes de démolition de bâtiments ancestraux, la présence d’experts en patrimoine est de plus en plus indispensable, car la plupart des ingénieurs et architectes entendus lors des auditions devant les comités de démolition, n’ont pas, à l’évidence, les connaissances, la vision pour sauver de vieux édifices. Leurs expertises demeurent basées sur les normes de construction actuelles alors que l’on sait très bien que les systèmes de ventilation, d’aération et d’ascenseur, autant que les structures des fondations et de la toiture ne rencontrent pas les normes exigées pour des rénovations au 21e siècle. (Exemple transformation d’un vieux couvent en CLSC.)
Seuls des gens qui sont formés à la protection du patrimoine ancien peuvent donner l’heure juste sur l’état de viabilité du bâtiment et son utilité sociale. Les experts-conseils en patrimoine offrent des services spécialisés en matière de connaissance, de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine.
Ils produisent des études et des évaluations patrimoniales, des inventaires, etc. Ce sont des ressources professionnelles issues de connaissances diversifiés : en histoire, en histoire de l’art et de l’architecture, en archéologie, ethnologie, archivistique, muséologie, urbanisme et aménagement du territoire.
« Qu'est-ce qu'on devrait garder, qu'est-ce qu'on n'a pas les moyens de garder? »
Sans doute que la population accepterait plus facilement les démolitions d’immeubles ancestraux justifiées par des évaluations d’experts en patrimoine.
Devrait-on suggérer d’encourager les formations en spécialité de la rénovation et d’expertise en gestion de patrimoine ?