La Butte à Mathieu
Lorsque l’on parle de boîtes à chanson, automatiquement on fait référence à la Butte à Mathieu crée en 1959 à Val-David par Gilles Mathieu. Cette première boîte à chansons hors de Montréal a été le lieu de rendez-vous montréalais où se mêlaient chansons et théâtre, jazz et poésie ».
L’envol d’un mouvement chansonnier soutient leur essor, et réciproquement tout au long de la décennie. En 1959, six jeunes chansonniers (les Bozos) fondèrent à Montréal la boîte Chez Bozo dont le succès incita Gilles
Mathieu à tenter une expérience semblable à Val-David, dans les Laurentides.
Gilles Mathieu
De toutes les boîtes qui poussent un peu partout au Québec, la plus connue est la Butte à Mathieu dans les Laurentides, plus précisément à Val-David. C'est en 1959 que Gilles Mathieu convertit un ancien poulailler en petite salle de spectacle. L'année suivante, Mathieu déménage sa salle dans l'atelier agrandi de son père.
Jusqu'à sa fermeture en 1976, la Butte à Mathieu a accueilli les grands noms de la chanson québécoise, de Félix Leclerc à Plume Latraverse en passant par Gilles Vigneault, Claude Gauthier, Louise Forestier et Jean-Pierre Ferland. De grands noms de la chanson en France, comme Guy Béart, Barbara et Anne Sylvestre, montent également sur la scène de La Butte. Nombreux sont ceux qui se rappellent de la Butte à Mathieu comme un haut lieu de la chanson de chez nous.
La Butte à Mathieu permit à plusieurs jeunes de faire leurs premières armes, aussi bien à des auteurs-compositeurs qu’à des artistes reconnus tel que Félix Leclerc, Raymond Levesque, Claude Léveillée, Claude Gauthier, Clémence DesRochers, Pauline Julien ou Robert Charlebois.
Soit des centaines d’artistes se produiront sur la scène de la Butte, pour la plupart d’entre eux encore des inconnus, verront leur carrière s’embraser.
Épicentre de la chanson québécoise à saveur résolument nationaliste, la Butte à Mathieu appuie également d’autres disciplines artistiques comme les arts visuels. En tant qu’arrêt incontournable des tournées des chansonniers, la boîte contribue largement à la diffusion de la musique avant de cesser ses activités en 1976, emportée par l’évolution de l’industrie du spectacle qui exige de plus grandes salles, plus lucratives.
En 1974, la Butte à Mathieu a de la difficulté à joindre les deux bouts. Gilles Mathieu doit déclarer faillite. La Butte est vendue à l’encan à l’été 1976. Les nouveaux propriétaires des bâtiments de la Butte, Monique et Robert Lanthier, prendront la relève, mais peineront à retrouver l’énergie d’antan. La Butte fut transformée en théâtre d'été et adopta plus tard la formule des soupers-spectacles.
La butte à Mathieu fut rebaptisée la Butte de Val-David.
En 1989, date du 30e anniversaire de la Butte à Mathieu, les nouveaux propriétaires ont inauguré le musée de la Parole québécoise, écrite et chantée, où l’on rendait hommage à Félix Leclerc. La Butte de Val-David aura présenté pendant 30 ans une diversité d’artistes de variétés tel que Pierre Labelle, du théâtre d’été avec Guilda, Guy Provost, Vincent Bilodeau le groupe de chansonniers les Pierrots.
Hélas, à bout de ressources, emportée par l’évolution de l’industrie de variété, la Butte fut vendue et délaissée par un nouvel acquéreur, les bâtiments abandonnés et détériorés furent démolis en 2006.